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Le "Bordel Flagey"

2007-11-21


Cela fais deux mois que j'emprunte chaque matin le même chemin. Je descends le boulevard Général Jacques, je remonte la rue Boondael et un quart d'heure après être partis de chez moi, je tombe sur la place Flagey. Au numéro 19 se trouve L'ISA-CF La Cambre, mon école. J'ai déjà pris mes repères ici. J'habite enfin chez moi, avec mes deux (trois) colocataires, assez fêtards. Faute de réussite aux concours aux écoles françaises, je poursuis mes études supérieures en architecture à Bruxelles. Pour vous situer un peu, Bruxelles est un patelin belge. N'allez surtout pas croire l'image que véhiculent les médias, on est loin d'une ville à échelle européenne. Les trucs concernants le siège de l'union européenne est une énorme blague comme tout le reste dans ce pays. On est en fin de compte pas très loin des clichés que l'on a en France. Par chance, les belges sont des individus dotés d'un bon sens d'auto-dérision. Un exemple que je connaît bien et qui donne une excellente idée de l'état d'esprit de ce pays ou rien n'est fait comme ailleurs est surnommé dans mon école le bordel Flagey. Il y a environ six ou sept ans, la commune d'Ixelle, l'équivalent en France d'un arrondissement de Bruxelles, lance un projet de réaménagement de la place Flagey, réputée pour ses cafés, dont le Belga, et par sa proximité des étangs d'Ixelle. Le projet initial présentais la conception d'un square au centre de la place, conçu comme un petit parc dans le prolongement des étangs. Quelques mois après le début des travaux, le chantier a été interrompu pour des raison que j'ai oubliées, il me semble liées au sol. Les frais sont plus importants que prévu est s'en suit un procès entre région et commune pour savoir qui n'a pas su anticiper le problème et surtout qui paye les travaux. Aujourd'hui la place n'est rien d'autre qu'une vaste étendue de sable dans laquelle se dessine de vagues sentier et parcs automobiles, jalonnées de gravas et fritkots, ou il est plaisant d'observer les gens lancer des jurons en enjambant gaines et autre obstacles pour se rendre chez leur boulanger. Depuis quelques semaines le tram traverse la place, sans quitter ses rails comme un lit fluvial, étonnamment plus haut que les piétons le bitume n'étant toujours pas coulé. Ses éclairs donnent un peu de vie à la place qui semble endormie profondément. Les anecdotes ne manque à propos de la place Flagey. On est même surpris, de retour en France, de voir des panneaux interdit au public à l'entrée des chantiers, tous clôturés.